Comment j’ai créé ma première robe sur mesure en 5 étapes

Après 1 an à étudier le modélisme, ça y est je me suis lancée pour créer ma première robe sur mesure. Je vous raconte ici les étapes de création !

Etape 1 : le buste de base à mes mesures

Lorsque vous souhaitez créer un patron à vos mesures, vous commencez d’abord à tracer le buste de base à vos mesures. Vous prenez vos mesures et vous suivez la méthode de coupe à plat de votre choix. De mon côté, comme je suis élève à la Couture Brigade, j’ai utilisé la méthode que j’ai apprise mais vous avez de nombreux ouvrages comme DP Studio, Esmod, ou bien les cours d’Artesane pour avoir votre buste.

Le buste de base est tracé sur papier et ensuite reporté sur une toile qu’on va épingler et ensuite essayer sur soi-même. On pointe sur la toile les modifications à faire, et on les reporte sur le papier. Et ensuite, deuxième toile pour valider les corrections ! Et parfois, une troisième toile sera nécessaire, ce qui n’a pas été mon cas.

Etape 2 : la transformation du buste

Une fois que vous avez votre buste de base, vous allez ensuite pouvoir le transformer pour obtenir le corsage de votre robe sur mesure. 

Pour cette robe, je voulais pour sûr une découpe bretelle (il s’agit de la découpe la plus simple : celle qui suit la pince d’épaule et la pince de taille) avec une encolure carrée, dégagée mais pas non plus ultra décolletée. Je ne voulais pas de manche sur cette robe sur mesure, ainsi je n’ai pas touché à l’entournure. Enfin, pour le dos, je voulais aussi un décolleté dos carré.

La toile, enfin, les toiles sont obligatoires pour tester le tombé ! J’ai notamment décidé de la profondeur de décolleté devant et dos une fois la toile montée car impossible de se rendre compte de ce qu’on a fait sur du papier ! C’est là qu’un mannequin avec de bolducs aurait été utile mais je n’avais pas encore mon Stockman à l’époque. 

Une fois le buste validé, on passe à la jupe !

 

Etape 3 : la jupe de la robe sur mesure

Alors pour cette robe sur mesure, clairement j’ai eu un faux départ sur la jupe ! 

A la base je voulais une de base fendue. Je suis donc partie de ma jupe de base, je l’ai transformée et ajouté une fente devant. J’ai rééquilibré le départage du corps entre haut et jupe et j’ai reporté le tout sur une toile. Et là, je n’ai pas du tout aimé le style… !

Je suis donc finalement partie sur une jupe 1/2 cercle. Alors ce qui est sympa avec les jupes cercle (et 1/2 et 1/4 autres variations…) c’est que le patron est super simple à tracer puisqu’il dépend uniquement du tour de taille, et de l’ampleur de jupe. Après, c’est une formule mathématique qui dépend de Pi ! Preuve que le modélisme c’est vraiment énormément de géométrie ! Pour tracer votre jupe, vous trouverez plein de sites qui vous donnent le calcul en demandant à votre moteur de recherche ou IA préféré(e) !

Une fois ma jupe 1/2 cercle tracée, j’ai rééquilibré la ligne de côté pour qu’elle matche avec le buste et j’ai épinglé le tout. Et ma toile finale était validée !

toile de la robe sur mesure

Etape 4 : On découpe enfin le vrai tissu !

Evidemment, j’ai aimé me compliquer mon affaire avec cette jupe. J’avais acheté ce pongé de soie chez My Little Coupon en promo avec ses jolies couleurs qui me rappellent un peu la DA de la marque Make my Lemonade que j’adore !

Ce pongé de soie étant un peu transparent, j’ai dû chercher une doublure aux caractéristiques similaires pour ne pas fausser le tombé du tissu ! Impossible de trouver sur les sites habituels où j’achète mon tissu, je suis donc allée dans le Sentier à Paris pour trouver mon bonheur. C’est finalement chez Royal Tissus que j’ai trouvé une charmeuse de soie assez opaque mais aussi assez légère pour ne pas fausser le tombé du pongé.

Alors là, vous vous dites : couper deux fois la robe (tissu et doublure) en soie ? Mais tu as galéré ? Eh bien… Oui ! Autant le pongé était remarquablement stable, autant la charmeuse m’a donné du fil à retordre. J’ai d’abord découpé le pongé, ai mis les pièces de côté, puis j’ai découpé la charmeuse et j’ai laissé les pièces du patron épinglées dessus. C’est une petite astuce quand vous avez soit beaucoup de pièces, soit un tissu qui se déforme tellement que vous avez peur de ne plus reconnaître vos pièces. (et j’ai fait ça à l’examen du CAP aussi !)

Etape 5 : La couture, enfin !

Voilà, on y arrive enfin : le montage de cette robe sur mesure ! 

J’ai pas mal réfléchi à comment monter la robe dans un « ordre logique » car nous sommes ici dans le cas d’une robe avec doublure. A une époque, j’aurais monté avec le moins de points mains possible mais j’ai appris à valoriser (je ne vais pas encore dire aimer…) le fait de faire des points mains. 

Ici, c’est au niveau de la fixation de la doublure que j’ai effectué le plus de points à la main : elle était tellement fluide et se déformait tellement qu’une couture machine me paraissait impossible à certains endroits.

Du coup les points que j’ai effectué à la main sont :

  • Le fait de refermer l’emmanchure (là, on n’a pas le choix dans le cas d’une emmanchure si fine sans manche)
  • Le fait de coudre le zip à la doublure. C’était un des passages les plus longs mais cela valait le coup car du coup l’intérieur est impeccable
  • Le fait de « fermer » l’intérieur de la robe sur mesure en attachant les 2 jupes tissu et doublure, mais avec les marges de couture rabattues vers le buste et donc un point invisible qui enferme le tout ! Celui ci m’a donné un peu de fil à retordre !

Et enfin pour terminer ma robe sur mesure, j’ai faire un ourlet mouchoir, en séparant les 2 jupes pour qu’elles gardent leur liberté de mouvement. J’ai dû dégarnir très légèrement le bas des coutures côté car cela faisait pas mal d’épaisseurs car j’avais fait des coutures anglaises fines (5mm) sur ces côtés.

Le rendu final de ma robe sur mesure et ce que j'en retire

Comme vous pouvez vous en douter, les étapes pour arriver à cette robe ont été longues, et quand j’ai fini la robe, l’été était terminé (oui, même l’été indien de septembre !).

J’ai quelques points d’amélioration sur le rendu de la robe sur mesure :

  • je n’ai pas égalisé l’ourlet. Du coup la robe est un peu asymétrique. En fait je n’avais pas encore mon mannequin pour faire « reposer » la robe, et je n’ai pas voulu mettre mon mari à contribution (le pauvre hein). 
  • J’aurais dû mettre plus de crans aux emmanchures. Le tissu (ou la doublure, ou les 2) a dû s’étirer un peu car le point main au niveau d’une des épaules a été assez périlleux !
  • J’aurais dû marquer les marges de couture au niveau des coin de l’encolure carrée (chose que j’aurais totalement faite si cela avait été une épreuve de CAP !). Du coup elle n’est pas parfaite
  • Il faudra que je me penche sur les ourlets sur soie. Il y a eu un peu de déformation (surtout sur la doublure, mais heureusement cela ne se voit pas) au niveau de faire l’ourlet mouchoir !
 

Mais bon, tous ces éléments que je vois, la plupart des gens ne les verront pas si je porte la robe au quotidien. Et puis, je ne compte pas vendre cette robe, et je reste indulgente avec moi-même car c’était ma première robe sur mesure, et je n’ai vraiment pas utilisé un tissu facile !

En tout cas j’ai vraiment énormément appris sur la couture de cette robe sur mesure. On fait des erreurs, et on progresse ! C’est un long chemin, une progression, et le voyage compte autant que le résultat ! Là, je travaille sur ma première chemise sur mesure, je vous en parle prochainement !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Partager cet article :

Découvrez aussi